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Blabla avec Karl [interview]

12 février 2013
Je me suis toujours demandée ce que ressente les autres et comment ils vivent les choses. Depuis que je suis mère, cette curiosité est encore plus grande. Je veux savoir comment les autres parents vivent ce passage de vie. Que ressentent t’ils  quand ils passent du statut d’ adulte insouciant et libre au statut de parent responsable et souvent inquiet. C’est sûrement ma grande curiosité, mon côté intrusif. Peut-être suis-je une journaliste refoulée, allez savoir ! J’ai donc décidé d’interviewer mes proches, mes amis et les gens que je rencontre sur leur parentalité. J’inaugure donc aujourd’hui ces interviews :
femme et enfants marchant de dos à londres, angleterreLa loupiote : « Qui es-tu ? Où vas-tu ? Dans quel état t’erres ? »
Karl : « Après avoir passé 3 années dans la riante campagne manchoise, dans un village près de Cherbourg, je suis installé à Londres avec ma meilleure moitié et mes deux filles depuis plus d’un an. J’ai dû lâcher mon boulot car la traversée de la Manche correspondait à une évolution de carrière de celle qui est devenue entre temps ma femme (preuve que je ne suis pas rancunier). Et donc, depuis, en attendant d’en retrouver un, de boulot, je suis house-husband, pas encore trop désespéré, m’occupant, entre autres choses, de mes filles et de mon foyer. »
La loupiote : « Présentes-nous tes enfants et décris-les. Quel est le principal trait de caractère de chacune d’entre elles ? »
Karl : « La première, est née en 2006 à Paris, et a grandis à l’ombre des vaches et des centrales nucléaires qui constellent le Nord-Cotentin. Elle avait à peine 4 ans quand quand elle a débarqué dans une grande ville comme Londres. Nous l’avons mise dans une école anglaise, où, en l’espace de quelques mois, elle s’est bien intégrée et est devenue pratiquement bilingue, avec un accent anglais de petite Queen. Ses parents en sont parfois réduits à lui demander ce que veut dire tel ou tel mot anglais. Comment la décrire en un mot ? Très prudente (parfois un peu trop :-)), réfléchie, et surtout très curieuse. La seconde, est née dans la Manche en 2009, mais avait à peine 18 mois quand elle est venue à Londres. Elle est l’opposée de sa soeur : espiègle, cheeky comme ils disent ici, elle fonce sans trop se poser de question, un vrai petit tourbillon prêt à faire toutes les farces et bêtises possibles, très rigolote, mais fatigante, parfois.
Du coup, après un démarrage difficile (grande jalousie de la part de la grande), elles se complètent et s’entendent assez bien, le tout émaillé de soudaines disputes, qui sont souvent assez rigolotes à observer en tant que parents. »
La loupiote : Qu’est ce que cela a changé en toi de devenir mère ? »
Karl : « Devenir père, ç’a été assez naturel, en fait. Pas que j’attendais ça depuis des années, au contraire, mais lorsque la première est arrivée, je n’ai pas eu l’impression de vivre un big-bang, mais au contraire de me couler rapidement dans ce nouveau rôle, comme si, inconsciemment, je m’y étais préparé ou avais mûri la chose. Le passage à deux a été plus difficile, parce que je n’avais pas trop anticipé la place qu’allait prendre la seconde, et je me demande toujours avec le recul comment il est possible de se sentir débordé avec un seul enfant.
Ce qui a été particulier pour moi, c’est qu’on a déménagé peu de temps après chaque naissance. Je me suis donc retrouvé à chaque fois pendant un temps sans travail, à m’en occuper à plein temps, dans une position plus « maternelle », avec son cortège de tâches très quotidiennes, pas toujours les plus funky :-). Mais j’en suis du coup hyper proche (trop, trouve leur mère :-)) tout en essayant de ne pas tomber dans le piège du « fusionnel ». »

La loupiote : « Comment décrirais-tu ton rôle de parents en quelques mots ? »

Karl : « Être parent, c’est d’abord effectuer constamment 10 métiers en même temps : juge (surtout avec deux enfants), négociateur, docteur, psy, infirmier, éducateur, flic, animateur de colo… On a des idéaux, des « valeurs », qu’on essaie tout d’abord appliquer soi-même, ce qui n’est pas toujours simple au quotidien, pour les transmettre, en les adaptant au caractère propre de l’enfant, et en espérant, dans le meilleur des cas, qu’il soit heureux, qu’il trouve ce qu’il l’intéresse ou le passionne. Mais on sait de quoi est parfois pavé l’enfer :-) »

La loupiote : « Question portrait chinois : si tu étais un végétal, lequel serais-tu et pourquoi ? »

Karl : « Pfff, je sais pas…une vigne, dont les grappes donnerait le meilleur des vins :-) ? »

La loupiote : « Ta devise ? »

Karl : « Je n’ai pas de devise, je ne crois pas qu’une conduite ne peut pas se réduire à une phrase ou un slogan. Mais s’il faut vraiment en donner une, je dirais : « ce dont on ne parler, il faut le taire » de Wittgenstein… »

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